Depuis 2012, le Sahel burkinabé est en proie à des fortes perturbations à cause de la guerre au Mali. Les combattants se déplacent souvent entre le Burkina Faso, le Niger et le Mali. L’insécurité est devenue la règle et les populations locales en paye le prix fort. Nous avons commencé nos activités en 2008 en soutien aux initiatives de l’Association des Guides du Campement EDJEF de Gandefabou (AGCEG).
Outre la réintroduction de l’autruche à pattes rouges dans la région, le partenariat avait pour objectif de travailler à l’amélioration des conditions de vie des populations locales et le reboisement de la zone.
Ainsi, en 2011, nous avons permis la plantation de 11 000 arbres. 60% ont survécus ce qui est est un bon résultat compte tenu des conditions climatiques difficiles.
En 2015, nous avons été contraint de stopper nos actions à cause de notre incapacité à nous déplacer. L’écotourisme qui était à la base du développement du village de Gandéfabou et de ses environs a été entièrement stoppé dès 2012.
La situation n’a cessé de se dégrader depuis. Aujourd’hui, en plus d’une crise économique majeure, les familles subissent une crise sécuritaire sans précédent. La menace terroriste a causé la fermeture des écoles de la zone, déscolarisant ainsi plus de 154 000 enfants dans la région. Des représentants de l’Etat burkinabé dans cette zone sont régulièrement menacés, enlevés, assassinés. Le bétail des populations est volé… Les conditions sont devenues invivables pour les populations, qui doivent choisir entre s’enrôler aux côtés des terroristes ou fuir en direction des zones moins menacées.
Le village de Gandefabou est aujourd’hui déserté, comme l’ensemble des villages situés sur la bande frontalière entre le Mali et le Burkina Faso. La population de ces villages a fui les conditions sécuritaires désastreuses, devenant ainsi des personnes déplacées internes (PDI) qui se sont installées dans les grandes villes : Déou, Oursi, Gorom Gorom. La commune de Gorom Gorom, composée de 106 300 habitants, accueille aujourd’hui plus de 30 630 PDI, soit une augmentation de 29% de sa population en deux ans.




